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Une p'tite histoire de mon cru :
Jojo ou le motard du Dimanche, comme on pouvait en croiser à la campagne dans les années 70, chevauchant sans casque sa motocyclette entreposée négligemment dans le poulailler.
Imaginez plutôt ...
JOJO
Jojo est le plus barjo
de tous les tarmos.
Le dimanche, y met sa plus belle chemise,
celle à pois verts et jaunes et bandes grises,
descend l’ escalier quatre à quatre,
manque de se rétamer au n° 34.
Bol à l’ envers,
rien à faire.
Grand coup de kick,
en saluant son pote Nick,
poignée vissée à fond ;
mais de l’ engin aucun son ? ! ?
Le benêt a oublié le contact,
quel manque, quel manque de tact.
Jojo est le plus barjo
de tous les tarmos.
A peine le moteur démarré,
le voilà qui part comme un kéké.
Roue arrière,
un poil de travers,
coup de botte,
dans la jolie porte
d’ la caisse du voisin,
histoire de dévier, en vain.
La roue avant renverse la poubelle,
et le chien de la concierge, p’ tain d’ teckel
qui court après le deux temps
en aboyant et montrant les dents.
Jojo est le plus barjo
de tous les tarmos.
Au bout du parking,
‘va voir qui est le King !
Notre fêlé, l’ air de rien,
plante brusquement les freins.
Le clébard embouti la pétrolette
sous le ricanement de Jojo qui s’ la pète.
Mer…credi ça presse :
en retard pour la messe,
notre barjo prend à travers champ
pour gagner un peu de temps.
Le sol bien détrempé
a vite fait de le ruiner,
sans parler de ses arpions
dont il se sert comme bâtons.
Jojo est le plus barjo
de tous les tarmos.
Sorti du terrain à fond de première,
moteur hurlant, homme n’ y voyant guère,
l’ équipage déboule dans le chemin
sans prêter attention à Lucien.
Ce dernier au volant de sa traction,
comme d’ hab’ complètement rond,
occupe toute la largeur
en faisant du 10 à l’ heure.
Gauche, droite, gauche, droite,
Jojo est tout prêt à se prendre une boîte,
choisi au dernier moment le fossé,
bécane plantée, l’gugus dans les blés.
Jojo est le plus barjo
de tous les tarmos.
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